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Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn]

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Sayoran R. RobinSchizophrène Incestueusement Narcissique
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MessageSujet: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Dim 8 Sep - 20:46



Quand on ne sait pas où nous foutre...

Silencieux, clignant des yeux. Les lèvres scellées, Sayoran notait sur une feuille de papier. Le cours qui avait bien commencé jusque-là était quelques fois perturbé par des cancres. C'était presque insoutenable pour l'irlandais qui écoutait le cours d'une oreille distraite. Il s'efforçait d'être attentif, il savait qu'il aurait un devoir sur le sujet. Comment faire le point après le mois qui venait de s'écouler lentement ? Si au début c'était amusant, aujourd'hui ce n'était plus qu'un souvenir mort. Ça n'avait plus lieu de continuer de vivre, ce souvenir si perturbateur. Sayoran n'avait même pas tenter d'ouvrir le livre qu'il avait été chercher dans sa chambre. Pourtant, il n'avait pas hésité à le laisser dans son cartable, mais sa capacité à essayer de l'ouvrir lui avait fait faux bond, avec ce souvenir d'avoir éprouver de l'exaltation, un semblant de bonheur au moins une fois dans sa vie. Il clignait des yeux, revenant à la réalité. Les faits étaient concrets ; même si il ne pouvait s'empêcher d'y penser, Sayoran savait que cela n'était plus d'aucune utilité. 

« S'il vous plaît, du calme derrière ! » 

Le professeur de géographie était une personne qui manquait tant de confiance en lui. Sayoran l'avait toujours trouvé pathétique à essayer de faire de son mieux pour s'imposer au sein d'une classe des plus... Mouvementée. Cela ne plaisait pas à l'irlandais, mais il devait faire avec et de plus, cela commençait sérieusement à l'agacer. L'autre derrière se remit à parler, comme si il n'avait rien entendu. Dans l'état dans lequel était Ruby, ce fut comme la goutte débordant du vase. Celui-ci se tournait vers l'élément perturbateur et froidement, les gros mots s'entrechoquèrent dans la pièce tels des morceaux de verre. 

« Si tu comprends pas ce qu'est se calmer, j'vais te le dire franchement. Ta gueule. » 
« Tu me cherches le rouquin ? Arrêtes de faire le chouchou. »
« Si tu ne la boucle pas, je te promets que tu vas regretter le mot ''chouchou''. »
« Robin ! Ayoshi ! Vous aurez une retenue à la fin de ce cours ! »

Sayoran soupirait. Voilà qui était bien sa veine. Bah, il n'en avait plus rien à faire, il pourrait éviter de réfléchir au moins, cela ne lui fera pas de mal... La sonnerie retentissant dans le couloir annonçait enfin la fin des cours et alors que Sayoran se préparait à rester dans la classe, le cancre l'empoignait en le menaçant. Le poing partit tout seul, comme un geste automatique. Un mouvement incontrôlable qui frappait une surface lisse. Une joue. Ce fut comme un champs de bataille, une guerre déclarée par le sang et les grossièretés...

Voilà pourquoi il se retrouvait dans une salle de classe vide, à l'écart de tout le monde. Évidemment, il avait été le seul à se faire sermonner, mais l'irlandais n'en avait plus rien à faire. Il passait une main délicate sur son œil étrangement gonflé, aux couleurs violacées. Il soupirait après avoir sursauté de douleur, la mâchoire crispée. Il envoyait le banc valser plus loin en balançant une injure au passage. 

« Putain ! »

Au même moment, la porte s'ouvrait, laissant passer un adulte. Il croisait les bras, les sourcils froncés.

« Jeune-homme, vous allez replacer ce banc là où il se trouvait. »
« Allez vous faire voir. »
« Et bien, vous me ferez le plaisir d'aller voir le directeur après avoir nettoyer cette classe. Et si j'ai le malheur de vous voir vous battre avec monsieur Nicolas, je vous promets le contrat. »

Le nom de famille prononcé par l'adulte fut comme une électrocution dans le corps de Sayoran qui afficha une mine d'un presque dédains, marié à la surprise. Il se contentait alors de baisser les yeux, les sourcils froncés. 'Chier !




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Syrenn NicolasMembre
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Dim 8 Sep - 22:16

Alors que ce charmant professeur distribuait ses copies, il crût bon de ne pas rendre la sienne à Syrenn, l’attendant à la fin de ce cours pour lui en parlait. Autant dire que les pensées de celui-ci étaient ailleurs. Voilà quelques jours qu’il avait commencés à regarder par la fenêtre alors qu’il aurait dût prétendre travailler sérieusement ce cours-ci. Le temps passait pourtant plus rapidement comme cela. Il était tellement plus simple de s’égarer quand notre esprit est plongé dans un vaste horizon.  Quand l’heure vint à son terme, tous les élèves sortis, le jeune homme s’avança vers le bureau en tête de classe. L’enseignant lui souriait, ce qui était étrange… Depuis l’arrivée de l’allemand, tous ces résultats dans ce cours parvenaient difficilement à la hauteur des autres matières. Cet individu ne voyant pas plus loin que le bout de son nez n’avait surement pas été à même de comprendre une seule idée de ce que Syrenn avait voulu exprimer. La mauvaise humeur du jeune homme liée aux récents évènements rendait ce visage particulièrement répugnant.

« Monsieur Nicolas, J’ai cette fois été impressionné par la profondeur de votre travail. Il s’en dégage une telle présence. Je ne vous savez pas un si grand humaniste. »

La profondeur. Donc il était effectivement sensé y connaître quelques chose. La note sur la copie reflétait ses paroles. Le jeune homme bloqua cependant sur un mot. Non, il n’avait pas pu le mentionner. C’était faux, Impossible, insensé.  Une connerie sortie de la bouche d’un con pour changer.
« Excusez-moi monsieur, mais je n’ai rien d’un humaniste. »


« Qu’allez-vous raconter. On sent dans vos mots un profond soutien de la cause humaine. Je pourrais vous recommander certains auteurs très appréciables. »


Qui donc, J.K Rolling ? Là c’était trop. A sans cesse jugé sur ce qui n’en avait pas besoin. A supposer et soutenir le faux. Ce pauvre abrutit n’était pas entièrement responsable de la suite. Il était simplement la mauvaise personne, au mauvais moment avec les mauvais mots. Bref, c’était bien sa faute. Le jeune homme écrasa sa main sur le bureau du professeur qui sursauta.

« Je vous en remercie mais je me passerais bien des conseils d’un pauvre abrutit dans votre genre. Oh, mais peut-être pouvez-vous déceler mon ‘’humanisme’’ dans mes mots ? J’aimerais vous dire à quel point vos remarque sont stupides mais j’ose espérer que vous en avez déjà un tant soit peu conscience. Dans le cas contraire, une retraite serait peut-être envisageable. Déféquer dans des couches et manger de la purée vous seraient peut-être plus aisé. »

Oui, Syrenn regrettait légèrement les mots qui venaient de lui échapper. Non pas car ils étaient faux. Cet enseignant était bien un abrutit finit mais la retraite ne serait pas une solution. Lui proposer une mort rapide et indolore aurait été trop vicieux. D’une autre façon, accabler les personnes âgées à cause d’un déchet de l’humanité n’était peut-être pas favorable. Deux récompenses à cette prose. Une exclusion de ce cours, ce qui n’était pas une si mauvaise chose, puis quelques heures de retenue. Comme c’était original. Si c’était tout ce que valait une soi-disant ‘’mauvaise action’’ dans cet établissement, le comportement du jeune homme à venir requerrait moins de retenue. La salle était particulièrement bien peuplée. Si on peut appeler deux machins au fond et un surveillant un peuple. Et alors que le temps passait et qu’une tension inconnue commençait à monter, Syrenn se questionnait sur les raisons de sa présence ici. Un bruit l’interpela dans son dos. Il n’avait aucune envie de se retourner. Pourtant, après vingt minutes de ‘pssssst’ incessant, c’en devenait agaçant. Quand il se retourna, deux garçons le regardaient l’œil mauvais. Ils patientaient quelques instants sans rien dire. Le surveillant s’étant endormi, le jeune homme ne pris pas même la peine de chuchoter.

« On se connait ? »



« Tu t’moque de nous là ? Tu nous as foutu un lapin le mardi d’y’a deux semaines. »

Ils n’en semblaient pas très heureux et l’expression était plutôt mal choisie. Il les connaissait ? Ils s’étaient donné rendez-vous ? Le mardi écoulé depuis deux semaines serait donc ce fameux jour. Il avait effectivement eu un rendez-vous ce jour-là. Il n’espérait pas même y repenser. Il n’avait aucune envie de remettre les pieds dans ce café. Ce sujet n’était décidément pas le bon à prendre. Déjà que Syrenn n’arrivait pas à se le sortir de la tête. Ne manquait plus que de parfaits étrangers s’en mêlent. Son humeur tomba au point mort, il fronça les sourcils. Puis, commença à ranger ses affaires.

« Vous voulez faire usage de violence phusique et cela ne me surprend pas tellement. Vous êtes des crétins, ce n’est pas un mystère mais je vais aujourd’hui vous faire l’honneur de descendre à votre niveau. »

Le reste était plutôt mystérieux. La version la plus courante était qu’au moment où les deux s’étaient levés, il avait renversés leur table. Ce qui eut pour effet directe de réveiller le surveillant. Le réel miracle était qu’aucun coup de poing n’avait été échangé. Par contre, Le jeune homme avait bien été blessé. Une large entaille au bras. Peu profonde, ne requérant pas de points de suture, les deux n’avaient pas étés mis en cause. Syrenn avait avancé la version de la thèse accidentelle lors de la chute des tables que les deux autres avaient soutenus sans broncher. La vérité était un peu plus farfelue. De la table était tombé un couteau suisse. L’ayant ramassé, le jeune homme s’était entaillé pour prouver sa supériorité ce qui bien évidemment fût suffisent à choquer ces deux-là. Malgré sa blessure, il avait perturbé le bon déroulement de cette retenue et était donc partit pour un nouveaux charmant moment avec moins de pensionnaires susceptible d’engendrer une bagarre. L’allemand s’avançait dans la salle, remontant les manches de sa chemise. Mieux valait ne pas la salir de façon ridicule. Son bandage n’avait aucune importance. L’allemand était prévenant et aurait vite fait de le changer après cet exercice d’entretien. Syrenn ralentit sa démarche quand il reconnut Sayoran. Il le fixa quelques secondes avant de se détacher. Comme un arrêt dans le temps, cet air s’était d’abord montré légèrement provoquant, son corps réagissant face à leur dernière rencontre. Plus que de se questionner sur la raison de sa présence ici, le jeune homme se demandait la raison de ce coquart. Peu importe la façon dont il le regardait, l’étudiant n’était pas de ceux qu’on apprécierait frapper. Le sang de l’allemand se mit à bouillir alors qu’il se dirigeait vers le placard contenant les produits d’entretien. Il existait donc une personne à même de frapper Sayoran. Une révélation, provoquant une colère instinctive chez Syrenn. Pourtant, ce n’était pas ses affaires. Le jeune homme ouvrait le placard, prenant la cire et un chiffon, prêt à nettoyer le tableau. Plus vite ce cirque serait terminé, mieux ce serait.
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Sayoran R. RobinSchizophrène Incestueusement Narcissique
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Dim 8 Sep - 23:05



Balayer avec tranquillité. Ou pas.

Jour de merde, voilà ce que pensait Sayoran au moment où il fut obligé de passer ces quelques heures avec Syrenn. Le corps bien arrangé et incapable de se lever directement, il prit son temps avant de se lever. Il était plutôt en piteux état, son chemisier tâché de quelques gouttes de sang de l'autre imbécile, son front rougeâtre du fait que justement, il lui avait mis un bon coup de tête dans le nez. Il lui manquait également ses lentilles colorées, qui laissait son regard noisette à la vue de tout le monde. En piteux état. Cette pensée le fit sourire malgré la douleur qui lui lançait de la tête aux pieds. Vacillant jusqu'au placard, un peu après que Syrenn y soit passé, il prit la peine de remettre le banc à sa place au passage. Il prit un balai et observait alors du coin de l’œil Syrenn. Il fut incapable d'exprimer autre chose que la surprise en voyant son bras. Lui aussi ? Décidément, quelle situation ironique. Il sourit légèrement en fermant les yeux puis reparti vers le fond de la classe.

La porte fermée s'ouvrit avec fracas et l'imbécile qui lui avait cherché des noises revint à la charge. Il regardait autour de lui, ne se préoccupant aucunement de Syrenn, puis s'avançait vers Sayoran en le pointant du doigt.

« Tu vas regretter d'avoir péter mon nez, enflure ! »
« Retournes dans les jupes des professeurs. Chouchou. »
« Qu- ! »

Il n'eut pas le temps de dire un mot de plus alors que le balai volait à quelques mini-mètres de lui. Sayoran le regardait froidement, ne fixant que cet être incapable de réfléchir plus de trente secondes. L'irlandais ne rigolait pas, il était même très sérieux.

« Si tu ne te barres pas tout de suite, tu auras des problèmes. Dégage ! »

L'adolescent ne se fit pas prier et prenait la porte en la refermant derrière-lui. Il courait ? Sayoran l'avait bien vu détaller comme un lapin. Il soupirait, marchant doucement pour aller récupérer son balai. Si seulement il pouvait sortir pour aller boire un verre, ça le calmerait certainement... Enfin, peut-être pas qu'un verre, et il finirait ensuite dans les bras d'un vieux pervers... Cette pensée le dégoûtait, mais si c'était pour échapper à tout ce qui pouvait le nuire, alors c'était bon à prendre. Doucement, il se mit à balayer le sol, laissant le silence prendre place. Il faudrait bien qu'ils arrivent à se parler à un moment ou un autre... Mais qui ferait le premier pas ? Depuis qu'ils s'étaient laissés sans un mot, Sayoran avait bien du mal à être attentif, et pire encore, même propres, il remettait les mêmes draps sur son lit. Ces même draps de cette nuit-là. Il était devenu fou ? Il tournait souvent en rond, arrachant les draps lors de ses crises de colère, puis une fois calmé, il les replaçaient. Sa tête était martelée de coups incessants, ce qui le convainc de s'asseoir un moment.

« Journée de merde. », soufflait-il pour lui-même.

Cela n'allait pas être facile, rien ne le serait. Et ça, fallait pas se voiler la face, la vie était ainsi faite, non ?




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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Dim 8 Sep - 23:47

La bombe et le chiffon à la main, le jeune homme arrivait face au tableau. Quelque chose n’allait pas. Il manquait quelque chose pour rendre le travail impeccable. Alors que l’allemand retournait jusqu’au placard pour chercher le détergent, la porte s’ouvrit brutalement. Apparemment le colis était pour Sayoran. Chose fort sympathique quand Syrenn tentait d’oublier sa présence en se focalisant sur le ménage. Du moins, ce ne fût pas un problème massif. L’attention du jeune homme fût bien saisie lorsque l’énergumène s’approcha trop sauvagement de l’étudiant ce qui força l’allemand à poser à nouveau son regard sur celui-ci. Il n’y avait pas que son œil au beurre noir. Il était salement amoché. Ce sang sur sa chemise, lorsque le sang commençait à couler dans une bagarre, les poings n’avaient pas hésités un instant. Syrenn n’aimait pas cette situation. Il n’appréciait pas voir Sayoran dans cet état et encore moins surprendre un abrutit à le pousser dans d’avantage de violence. Le jeune homme resta à sa place un moment, muet, attendant que les choses progressent. Il n’avait aucune raison de le faire. Il avait décidé de devenir un étranger aux yeux de l’étudiant et il s’en préoccupait pourtant toujours autant. Il n’y avait aucune logique dans cela. Juste une obsession à la source inconnue. Pourtant apparemment, Sayoran n’avait pas été l’unique victime de cette querelle. Il lui avait cassé le nez ? L’allemand ne put s’empêcher de penser : bien joué. Ce n’était pas ses affaires oui, et alors ? Il était bien là donc d’une certaine façon il n’avait aucune raison de rester invisible. Syrenn fût agréablement surpris de voir que dans ce pseudo-règlement de compte, l’étudiant avait un avantage non négligeable et son ‘’adversaire’’ un courage à tout épreuve. Lorsque celui-ci s’enfuit, le jeune homme esquissa un sourire discret. Tant de violences, tant de violence.

Il n’avait finalement peut-être pas besoin d’intervenir. Après  tout, il n’y avait aucune raison que Sayoran soit parfaitement semblable à l’image que l’allemand s’en était fait inconsciemment. Plus surprenant encore, une des raisons du sourire de Syrenn fût l’écoute de la voie de l’étudiant. Etant-donné le néant que représentais leur conversations à l’heure actuelle, il n’avait pas eu droit à ces notes depuis un moment. C’était peut-être un caractère un peu voyeur mais ça n’avait aucune importance. Comme si ce qui venait de se passer n’avait jamais eu lieu, le jeune homme repartit vers le tableau avec la bouteille de détergeant. Puis, il aspergea son chiffon de cire et commença à frotter. L’effet en était un peu particulier. Etaler le produit atténuerait surement l’effet. Dans tous les cas, que ce soit en entretient ou en science, le talent de l’allemand n’était pas certifié. Sale journée en effet. Ajoutant cela à la rancœur que Sayoran pourrait ressentir vis-à-vis du jeune homme, elle était loin d’être terminée. S’il ne s’était pas retourné et s’était contenté d’ignorer, il ne serait pas là. Il n’y avait aucun regret à avoir. Faignant l’indifférence et ne pouvant par conséquent regarder l’étudiant, Syrenn ne pouvait se remémorer leur dernière rencontre et le visage inexpressif de celui qu’il avait alors gratuitement provoqué.
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Sayoran R. RobinSchizophrène Incestueusement Narcissique
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Lun 9 Sep - 0:55



Fallait bien que ça se débloque.

Pourquoi vivre ça, alors qu'il pourrait être tranquille dans sa chambre ? Si il avait résisté à ses instincts, cela n'aurait jamais eu lieu. Bon, faudrait bien faire avec. Sayoran secouait ses cheveux en fermant les yeux. Il rouvrait les paupières et tournait la tête vers Syrenn, l'air pensif. Il l'observait alors commencer à frotter le tableau et fronçait les sourcils. Qu'est-ce qu'il foutait ? Il aperçu la cire et se levait directement, ce qui le fit perdre l'équilibre. Il se retint grâce au banc et s'approchait plus près de l'étudiant au bras scarifié. Malgré tout, cela avait beau être un mauvais jour, il avait quand même trouvé un peu de ''plaisir'', car même si il redoutait cette rencontre, il ne pouvait s'empêcher de penser à l'allemand. Alors, ce n'était pas vraiment un souvenir mort ? Plutôt mourant, malade si il n'était plus attisé par cette flamme qui comblait un certain vide.

« La cire fait très mauvais ménage avec l'ardoise. Par contre elle s'entend bien avec le bois. »

Sayoran soupirait, fermait les yeux en passant une main sur le côté de son visage indemne. Il ne put retenir un rire. Un rire amusé, un rire enfantin. Un rire comme il n'en avait jamais plus eu depuis longtemps. Il secouait la tête, se relevait et s'avançait vers le tableau. Il se postait devant Syrenn et lui tendait la main.

« S'tu veux, je le fait. Sinon, imbibe de l'eau sur ton chiffon. », il regardait le détergent et laissait un sourire en coin étirer ses lèvres, « Et sans détergent, ce serait mieux tout de même. »

Pas qu'il allait faire comme si de rien n'était, pas comme si il allait tout oublier, non. C'était bien trop facile de réagir comme ça. Il attendait la réaction de l'allemand et n'insisterait pas si il réagissait par une négation. Après-tout, il avait simplement proposer de le faire. Il savait bien que tout le monde avait un orgueil à protéger et donc le principe du « Je vais me débrouiller seul. » jouait en conséquence. Même lui qui s'était toujours débrouiller seul avait son orgueil à protéger. Il repliait le bras qu'il avait tendu quelques secondes avant, le laissant pitoyablement le long du corps. Sayoran avait beau avoir rit, il restait encore très distant, cette barrière invisible refaçonnée plus forte encore qu'auparavant. On apprenait de ses erreurs, pour ne plus le commettre à nouveau ensuite.



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Lun 9 Sep - 1:31

Il ne fallut pas longtemps pour que Sayoran vienne réparer l’erreur du jeune homme. Alors, qu’on lui expliquait la maladresse dans son emploi des produits ménagers, l’allemand ne parvenait pas à détacher les yeux de son enseignant improvisé en arts ménagers. Il aurait dû étudier le tableau pour voir à quel point la cire était inconvenante mais ce détail semblait secondaire. Syrenn devait le reconnaître, même abimé, l’étudiant restait agréable à regarder, à écouter. Le jeune homme réagit tout de même au commentaire, arrêtant d’étaler le massacre sur le tableau. Il fût particulièrement surpris lorsque Sayoran se mît à rire. Il aurait pu s’en montrer vexé mais ce n’était simplement pas le cas. C’était la première fois qu’il l’entendait rire, il n’y avait aucun doute là-dedans. Cette réaction eut pour effet d’arracher un sourire à l’allemand qui roula le chiffon en boule sur le bureau attendant patiemment les bras croisés que l’étudiant ait finit. Le muscle de son bras droit se contracta d’ailleurs légèrement sous le coup de la douleur. Quand Sayoran tendit la main pour récupérer le chiffon, Syrenn explora tous les facteurs. S’il fallait humidifier ce chiffon, il n’y aurait que les toilettes du couloir pour sévir à cette tâche. Pour autant, il aurait fallu être ahurit pour ne pas remarquer que l’étudiant avait des difficultés à se mouvoir. Tel était le risque dans le fait de se prendre dans un vrai combat. Le jeune homme laissait sa dignité de côté. Nettoyer le tableau serait peut-être plus profitable à l’étudiant que de passer le balai.
 

« Pourquoi pas,  je devrais être moins dangereux pour le matériel avec un balais à la main. Laisses-moi aller remplir un sceau d’eau. »
 
Non, l’allemand n’avait jamais passé le balai de sa vie. Ce ne devait pas être si compliqué, très proche de l’aspirateur. Qu’il n’avait jamais manipulé non plus. Peut-être serait-il temps de se cultiver sur un sujet qui s’annonçait soudain plus important qu’il ne l’avait jamais été. Pour quelle raison Syrenn avait-il placé autant de mots dans sa phrase ? La réponse paraissait sauter aux yeux mais le jeune homme ne pouvait se résoudre à la reconnaître. Il voulait parler avec Sayoran mais plus important, se faire comprendre par lui. Son vocabulaire se développait après tout auprès des personnes qu’il méprisait comme celle qu’il appréciait. Décroisant ses bras, l’allemand tendit le chiffon à son compagnon de cellule.

« Je reviens. »

Il parait alors en direction du couloir ramassant préalablement un sceau dans le placard qui semblait recueillir bien plus que le nécessaire.Avait-il vraiment besoin de préciser son retour imminent ? L'étudiant n'allait après tout pas soudainement disparaître.
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Sayoran R. RobinSchizophrène Incestueusement Narcissique
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Lun 9 Sep - 2:42



Fallait bien que ça se débloque.²

Malgré qu'il lui parlait, Sayoran avait du mal à détacher ses yeux de ceux de l'allemand. Pourquoi ils ne lui obéissaient pas ? Ah... C'était dur de résister en même temps. Il acceptait donc de céder sa place à l'irlandais, ce qui ne changeait rien, mais Ruby était tout de même content de faire le tableau. Ça évitera en effet, des dégâts causés par l'allemand qui n'avait pas l'air d'être dans son véritable environnement. Sayoran avait toujours vu Syrenn un peu tête en l'air, cela ne le surprenait pas vraiment. Mais il se fichait de ce détail, il passerait derrière ses oublis s'il le pouvait. Cela ne le dérangeait pas plus que ça. Il sourit maigrement et prit l’initiative de répondre.

« Aucun problème. », il marquait une pause et réagissait, « Ce n'est pas dangereux en soi, mais si tu ne veux pas mettre en colère ce qui sert de surveillant à cette académie... C'est juste un conseil quoi. », il lâchait un petit rire en fermant les yeux, « Même si ça donne envie d'observer sa tête quand il verrait le tableau. »

Il ouvrait à nouveau les yeux sur Syrenn qui lui tendait le chiffon. Il le prit avec une certaine hésitation. Si leur peau se croisait à nouveau, que se passerait-il ? Un relent amer de la nuit passée à ses côtés se transformait en boule dans le fond de sa gorge. Il ne devait plus y repenser, ça devenait louche de penser de la sorte. Alors, sans réfléchir, il prit le chiffon entre ses doigts en ne calculant plus du tout ses manières de faire. Il en avait marre de réfléchir à tout. Il regardait le chiffon, hochant simplement la tête. Une fois hors de sa vue, Sayoran se laissait tomber sur le sol, son corps devenu plus lourd. Pourtant, il ne pesait strictement rien, mais ce combat l'avait affaibli, très visiblement. Lui qui n'avait pas envie de se battre... Au contraire, il aurait bien balancer des objets, foutre en l'air sa chambre, ça aurait été stimulant. Mais c'était tomber sur cet incapable, un cancre aux allures de bad boy qui fuyait sans cesse les plus forts que lui. A présent qu'il avait vu la véritable face cachée de l’irlandais, celui-ci se la bouclerait définitivement si il lui plaçait un bon « Ferme la. » en pleine face.

Il s'appuyait contre le bureau en soupirant. Il serrait le chiffon dans sa main droite, s'échappant de la réalité un instant, pour oublier. Il trouverait bien une solution pour s'offrir une bonne bouteille de vodka. Oublier la douleur et le reste de la journée. Sayoran n'était pas alcoolique, il en connaissait les méfaits sur la santé, mais parfois, cela l'aidait à ne plus penser sur la soirée. Y'aura bien un petit malin qui aurait ça dans son placard. Ou il irait l'acheter si il n'était pas trop tard.

« J'donnerais tout pour une bonne bouteille. »

Du saké peut-être ? C'était aussi fort que la vodka, ça passerait mieux. La porte se rouvrit, et le rouge se relevait doucement en prenant appuis sur le bureau. Il sourit légèrement en prenant la parole.

« Je vais juste imbiber le chiffon. Si tu as besoin d'aide... Fais signe. »

Il regardait Syrenn dans les yeux, puis trempait le chiffon dans l'eau, l'essorant ensuite. Il se tournait vers le tableau et... Un grave problème se confrontait à lui. Il était petit, il n'atteindrait pas le coin du tableau. Sauter ? Bon, sautons.

Sayoran se mit à sautiller malgré la douleur torturant son cerveau, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il pouvait prendre une chaise pour s'aider.

« Imbécile. », parlait-il pour lui-même.

Il se tournait et allait chercher une chaise, toujours aussi pataud dans ses démarches. Il prit une chaise et la plaçait là où il frottait auparavant, montait dessus malgré son manque d'équilibre et frottait alors vigoureusement l'ardoise.



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Lun 9 Sep - 15:16


Syrenn n’avait pas rencontré le responsable de cette heure de retenue. Surement ne devait-il pas prendre son travail très à cœur. Une chose qui pouvait s’avérer compréhensible lorsqu’on rencontrait les résidents habituels de ces heures sombres. Il était vrai qu’il y avait bien quelque chose de fascinant dans le fait d’étudier son expression. La colère, n’était pas des plus intéressantes mais l’expression d’une personne démunie face à ce qui lui paraissait impossible, c’était une autre chose.
 
« Ce peut-être une raison suffisante. Pour accentuer le côté dramatique peut-être devrais-je passer la serpillère avec de l’eau de javel sur les carreaux. »
 
Avec un sceau ou à mains nues, la démarche restait la même. Jusqu'aux toilettes, le bruit éclatant des pas du jeune homme sur le sol. Rien que ça. Après tout, peu d'élèves déambulaient dans les couloirs après les cours. Il y avait simplement, tellement plus intéressant à faire. Des exemples ? Certainement tout, excluant les jeux de société. En comparaison d'une balade solitaire, ces plateaux de toutes formes atteignant toujours un prix similaire étaient si dépourvus d'intérêt que leur simple évocation suffisait à créer un sentiment d'écœurement chez l'Allemand. Bon, effectivement, encore une fois il n'y avait jamais joué. Ça n'avait pas de grande importance. Quels auraient étés ses partenaires. Sa mère ? Il était encore légèrement trop jeune quand sa mère était partit. Son père, ah, son splendide père. Simplement irréalisable. Une nouvelle ribambelle de préjugés et Syrenn ne pouvait pas y faire grand-chose. Lorsqu'il manque au bulletin de nos expériences des choses qui peuvent paraître essentiel, il est commun de se forger une opinion sans queue ni tête. Le jeune homme s'opposait drastiquement à ce mode de pensée mais il le subissait tout de même. Le voilà qui arrivait enfin au lieu convenu. Posant le sceau dans le lavabo, l'allemand enclencha le robinet, le niveau montant doucement. Syrenn en profita pour se scruter dans le miroir qu'il avait face à lui. Le fait qu'il soit ici était une bonne chose. Il était incapable de voir tous les aspects de la situation en présence de Sayoran. Il était bien trop distrait, avait du mal à se reconnaître. Pourtant, il était bien celui devant de miroir. Bien que la coupure fût presque indolore jusque-là, elle était désormais brulante. Cet épisode pourrait finir par le rattraper un de ces jours, peut-être aurait-il dû prêter plus attention à la situation avant de déclencher un tel évènement. Pourtant, tout cela lui semblait sans importance à cet instant même. Ce devait-être ce qu’on appelait agir sur un coup de tête. Pour la personne réfléchie qu’était le jeune homme, cette expression entrait tout juste dans son vocabulaire.
 
Une fois le sceau remplit, l’allemand repartit vers la salle. Le muscle de l’avant-bras se contractant sous le poids de l’objet, la brulure reprenait de plus belle. Bientôt, ce ne serait qu’un souvenir. Une fissure sur sa peau. Indolore et discrète. Arrivé à destination, l’allemand croisa à nouveau le regard de l’étudiant et le voilà qui se sentait repartit pour un tour. Une suite d’acte sans connaissance de cause. Il aurait l’air fin si tout cela trouvait une fin totalement imprévue. Syrenn posa le sceau. Le mieux était encore effectivement de nettoyer pour ne plus être distrait. Faire le ménage devait bien être une action qui portait vers la réflexion non ? Sinon, pourquoi nettoyer ? Le jeune homme pris le ballait et continua le travail commencé. On reconnaissait là le poignet d’un amateur sachant tout de même ce qu’il faisait. Bon, il avait observé Sayoran alors que celui-ci était à sa place, et puis quoi ? Il le faisait encore après tout. Un coup d’œil répétitif comme minuté à la seconde près. Ce que fît l’étudiant et les réactions dont l’allemand se priva pouvaient être décortiquées en trois parties. La première alors qu’il avait commencé à sautiller, le jeune homme l’avait surveillé sans trop réagir, dans le doute qu’il se fasse mal. Telle était la conséquence d’un manque assidu de réflexion. L’allemand était plus grand et les coins du tableau n’auraient pas dû lui poser de problèmes. Voilà, une bonne initiative se transformait en fiasco et ça continuait. Il allait prendre une chaise. Syrenn priait inconsciemment pour que Sayoran aille s’asseoir sur cette chaise. Si ce n’était pas le cas, il rêvait de le coller dedans pour aller lui chercher de la glace qu’il n’avait probablement pas déjà appliquée sur son coquard. Cette fois encore, le jeune homme fît vœu d’abstinence et se raccrocha à son ballais, contractant à nouveau les muscles de ses bras faisant crier sa plaie encore fraiche. Il ne balayait alors déjà plus grand-chose. Enfin, vint le moment où l’étudiant se mit à l’escalade. Là, l’allemand aurait souhaité qu’on l’achève. S’en était trop tant pis pour la fierté, tant pis pour la distance instauré, il n’allait pas le laisser se tuer d’une façon aussi ridicule. Syrenn s’approcha du tableau prêt à rattraper Sayoran au moindre faux pas. Il lui tendit la main pour récupérer le chiffon.
 
« Je vais m’occuper du reste. Tu devrais aller passer de la glace sur ton œil. »
 
Le jeune homme accompagna ces mots d’une démonstration, localisant la marque violacée comme si elle se trouvait sur son propre visage.
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Lun 9 Sep - 17:00



En mode protecteur.

La phrase de l'allemand soutirait un sourire à l'irlandais, qui baissait la tête en la secouant doucement. Il le laissait partir, hochant simplement la tête, jusqu'à ce qu'il revienne. Sayoran était petit, et il lui semblait que la chaise était bancale... Où était-ce lui qui vacillait ? Ruby continuait de frotter, sans se préoccuper du reste. Comme une transe, le ménage était son purgatoire et en y pensant, une bonne douche tiède lui ferait le plus grand bien. D'habitude, il aimait les douches brûlantes, mais avec ses bleus, il craignait souffrir plus qu'à ce moment. Ce n'était pas une bonne idée. Comment allait-il rattraper ces tâches écarlates sur son chemisier ? Si rien de tout cela n'était arrivé... Bon bah, c'était ainsi de toute façon, regretter de s'être battu ne lui avancerait pas. D'ailleurs pourquoi regretter. Le regret prouvait qu'on manquait cruellement de confiance, de courage et Sayoran n'en éprouvait aucun.

La voix masculine de l'allemand le réveillait de sa réflexion, le faisant pivoter maladroitement sur la chaise. Il observait Syrenn avec surprise, puis il sourit se voulant tout bonnement rassurant. Faussement rassurant en réalité, vestige de sa vie commune avec d'autres êtres avec des émotions qu'ils exprimaient sans cesse. Avec l'habitude de vivre dans la rue, il avait appris à s'y faire mais il n'avait jamais été tout seul dans ces cas-là. Ses potes de zone l'avaient toujours aider, ils s'étaient serrés les coudes longtemps avant que Sayoran ne devienne garçon de joie. Il restait un instant sans rien dire, en détournant le regard sur l'ardoise encore mouillée.

« Non. C'est devenu une banalité. Presque normal, en fait... »

Cependant il était vrai qu'il n'avait plus vécu ça depuis longtemps et il fallait l'avouer, il ne pourrait pas refuser bien longtemps l'aide de Syrenn. Il soupirait et se tournait vers Syrenn en lui rendant le chiffon. Il s'appuyait de sa main contre le tableau pour descendre sans se casser la figure, faudrait pas que ça lui arrive aussi. Pas maintenant. Il descendit avec prudence, fixant le sol au cas où il ferait un mauvais pas.

« Cependant, je vais écouter ton conseil. Ce serait idiot de faire mon dur à cuir alors que je crève de mal. », il marquait une pause une fois les pieds à terre puis renchaînait, « Je vais jusqu'à l'accueil, je reviens. »

Il entreprit la marche, fermant la porte derrière-lui. En se tenant aux rambardes des escaliers, Sayoran chancelait jusqu'à l'accueil. La bonne femme fut horrifiée de voir qu'on ne lui avait pas laisser le temps de se faire soigner, scandalisée, elle n'arrêtait pas de maltraiter l'incompétence des surveillants pour leur manque d'empathie. Sayoran se contentait de se taire, observant autour de lui. Il aperçu une fiole de désinfectant qu'il prenait, la posant discrètement dans sa poche. Il voulait à tout prix retourner dans la classe où la retenue se déroulait, qu'il puisse enfin se décharger d'une si lourde ''tâche''. Il lui demandait également des bandages, pour Syrenn. Oui, il y avait pensé. Une fois chose faite, elle lui donnait un sac de glaçons et les bandages qu'il prenait, la remerciant poliment et retournait dans la classe. Il passait la porte et partait en direction de Syrenn. Il sortait de sa poche la fiole de désinfectant, ainsi que les bandages.

« Avant, faut te soigner, okay ? », il allait tendait la main vers Syrenn, espérant qu'il l'écoute, « Ce serait fâcheux de ne pas désinfecter la plaie. »



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Lun 9 Sep - 22:46

Alors que Syrenn eut pu l’air attentif à la situation, quatre mots filaient en boucle dans sa tête. Comme un encart publicitaire apparaissant devant lui où qu’il regarde avec dessus en caractères gras et lumineux, « descend de cette chaise. » C’était tout ! Rien que cela ! Le jeune homme ne demandait pas la lune, il souhaitait juste éviter de faire un arrêt cardiaque si Sayoran tombait. Ah ça, il n’avait pas un cœur fragile mais le voir chuter alors qu’il se l’était représenté des centaines de façons différentes dans sa tête. Il était clair qu’il avait suffisamment vu l’étudiant tomber pour aujourd’hui. Malgré le premier refus de l’étudiant, le jeune homme maintenait sa main tendue. S’il avait fait l’effort de venir jusqu’à lui pour l’aider, ce n’était pas pour repartir les mains vides. Il ne bougerait pas tant que Sayoran ne serais pas descendu de cette chaise ! L’allemand vécu l’obtention du chiffon comme une victoire préméditée. Il fît tout de même attention surveillant discrètement la descente de l’étudiant. Il avait les deux pieds au sol ? Il était dans un presque équilibre ? C’était suffisant. L’encart publicitaire arrêtait sa course, Syrenn n’était pas non plus son garde du corps. « Reconnaître sa douleur est le premier pas vers la guérison. » Ce concept semblait tout droit sorti d’un essai visant à la sociabilisassions. Le jeune homme avait du mal à comprendre que l’étudiant en fasse usage. Ca ne semblait pas transcrire son caractère. Surement devait-il y avoir une limite à tout. L’allemand ne l’avait pas atteinte, il ne ferait pas tenir compte de sa propre douleur. Sayoran avait effectivement de son côté toutes les raisons du monde de se pencher là-dessus. Après tout, l’allemand lui-même l’avait poussé sur cette voie.
 
Il fallait qu’il arrête. Décidément, laisser les choses dans leur état actuel n’était pas bon. Voilà qu’il agissait presque comme avant l’évènement de la chambre. C’était ridicule, insensé, et clairement peu représentatif de son état d’esprit. L’étudiant étant partit, il disposait d’une nouvelle marge de réflexion intense. Quoi qu’il face, il fallait qu’il soit clair dans ses intentions. Leurs échanges étant encore limités, l’ouverture sur l’indifférence était encore la plus prononcé. Effectivement, qu’on le veuille ou non, un froid intense avait été instauré entre les deux personnages à l’instant où l’allemand s’était montré méfiant. Il ne le regrettait pas. C’était ainsi. Qu’on l’accepte ou non, c’était de cette façon que Syrenn finissait par réagir face à un environnement entrant en contradiction avec ses principes. Le jeune homme continuait de nettoyer le tableau atteignant sans difficulté les parcelles qui auraient poussées Sayoran à jouer les équilibristes. Il n’y avait aucune logique là-dedans. Il ne lui voulait pas de mal. Il appréciait le côtoyer et pourtant il s’était montré incapable de fournir un soutien à ce rapport affectif qu’ils possédaient. C’était pourtant ainsi. Il n’y avait strictement rien à regretter. La meilleure option devait être celle-ci. L’étudiant franchit à nouveau la porte dans la direction opposée. Quand il sortit les ustensiles médicaux, l’allemand l’étudia d’abord, l’air sceptique. Ce ne fût que lorsque Sayoran lui parla de la plaie qu’il se remémora son existence. Oui, nécessairement, quand on en vient à oublier la présence d’une blessure, il en va de même pour la douleur. Elle profita d’ailleurs de cette occasion pour refaire surface. Avant de la couvrir et de la désinfecter, il aurait fallu la passer sous l’eau clair pour la nettoyer. La présence d’une compresse aurait par ailleurs aidé à l’application de celui-ci. Syrenn prît un sourire amusé.
 

« Tu es celui qui va me soigner ? »
 
Peut-être allait-il mal le prendre. Le jeune homme lui montrait simplement son bras. Il savait bien évidemment comment traiter ce genre de blessures et un passage pas les douches d’ici peu de temps lui aurait permis de nettoyer la plaie. Sayoran pouvait bien évidemment refuser, ce serait prît comme une simple plaisanterie. En vue du point où en était leur relation, il serait difficile d’empirer la situation. L’allemand se questionnait par ailleurs. De son point de vue, on pouvait voir en y prétend attention que la coupure était étrangement précise. Ce détail sauterait-il aux yeux de l’étudiant ? Coupé légèrement de côté. Une blessure visant à faire saigner. Ces abrutis ne l’oublieraient pas de sitôt. Il devrait cependant garder cette blessure à l’œil. Il ne savait après tout pas où avait pu trainer ce couteau suisse.
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Lun 9 Sep - 23:56



En mode infirmier.

Sayoran ne fit que sourire à la question de l'allemand. Le sachet de glaçons à ses côtés, ils ne risquaient pas de fondre rapidement, il y avait un certain délai pour que l'eau solide ne se transforme à nouveau en liquide. Il sortait de sa poche un mouchoir en papier et ouvrait la bouteille, imbibant le mouchoir de son liquide. Tout en frottant la plaie doucement, il ne put retenir cette réponse qui le faisait tant sourire.

« Attention, ça va piquer. J'aime jouer les infirmières, tu ne le savais pas ? », il lâchait un petit rire amusé puis reprenait, « Plus sérieusement, ça m'arrive. J'ai aussi eu l'habitude. Une de mes mères se faisait battre alors... »

… Merde ! Merde ! Merde ! Comment cette information censée ne jamais existé avait pu franchir la barrière de ses lèvres ?! Il se surpris lui-même dans l'acte de ses paroles, tout en soignant l'allemand. En espérant qu'il ne soit pas curieux, ce qu'il doutait fortement, mais qu'allait-il ensuite lui inventé comme bobard pour qu'il laisse tomber l'affaire si la curiosité était un défaut chez l'allemand ? Tout ce qu'il fit dans l'action, fut d’éclaircir sa voix et rire légèrement.

« Enfin... Disons que c'était habituel, voilà tout. », il terminait d'éponger la surface et imbibait ensuite les bandages d'un peu de désinfectant, il bandait ensuite le bras de Syrenn et se replaçait en s'installant sur une chaise, « Voilà, n'oublie pas que c'est un bandage de fortune. Garde le désinfectant, ça vaut mieux pour quand tu l'auras bien passé sous l'eau. »

N'osant plus regarder Syrenn dans les yeux, l'irlandais se contentait de prendre le sac de glaçons et le placer sur son œil violacé. Pourquoi cette information était sortie aussi rapidement sans qu'il puisse s'en rendre compte ? Enfin, Syrenn pourrait simplement penser que Sayoran était le fils adopté d'un couple de lesbiennes. Non, c'était bateau comme idée. Quoi que niveau trucs farfelus, l'allemand avait la cote. Mais de là à penser ce genre de chose... Ce pouvait être une hypothèse, non une idée claire et nette. Il soupirait, attendant que sa tête cesse de lui donner des coups de marteau et qu'elle cesse de tourner pour aider Syrenn à la tâche qu'on leur avait confier. Il avait réussi jusqu'à présent à se taire sur sa véritable vie, et si il espérait bien une chose, c'est qu'on en sache pas plus que ce qui avait été dit. Mais ça, il ne décidait pas à la place de l'allemand. Bien qu'il serait incapable de parler plus de lui...



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mar 10 Sep - 0:42

Syrenn étant un incorruptible perfectionniste, notamment sur certains points comme celui-ci, se voir attribuer les premiers soins était une expérience fascinante. Alors qu’il prenait soin de sa plaie, le jeune homme observait l’infirmier en herbe procéder aux différentes étapes accordant son attention à chaque fois que leurs peaux se rencontraient. C’était décidément une drôle d’impression. Ce n’était pas désagréable. Qui put croire que se faire soigner pouvait être aussi amusant.
 
« Peut-être devrais-je me blesser à nouveau pour te donner l’occasion de pratiquer plus fréquemment. »
 
Jusque-là, l’allemand avait toujours traité ses plaies par ses propres moyens. Son père ayant une peur farouche du sang et son oncle étant plutôt maladroit, il avait été le seul à soigner les blessures de Syrenn. Il avait de l’expérience dans ce genre de cas bénins. Après son départ, le jeune homme s’était toujours occupé lui-même de ce genre de situations. Bien que le jeune homme fût interpelé par une parole de Sayoran, il ne commença pas à le bombarder de questions. Il n’était pas du genre à aller chercher les informations personnelles. Il les recevait et les traitait. Ce pouvait être un facteur expliquant pour quelle raison on ne se confiait que rarement à lui. Les personnes éprouvaient généralement un besoin de partager leur mal-être mais voulait ressentir l’intérêt de leur confident pour leur vie et leur problèmes.  Bien évidemment, cette information ne laissait pas l’allemand indifférent. Il venait là d’apprendre une chose sur l’étudiant et plus important, une chose venant du concerné. Syrenn considérait qu’il fallait faire preuve d’une certaine maturité pour se confier sans en attendre des demandes de ragots et qu’il en fallait plus encore pour se contenter d’attendre sans précipiter les choses. Peut-être Sayoran avait-il déambulé dans les familles d’accueil, toujours tenu à l’écart d’une relation privilégiée avec ses parents ou peut-être pas. C’était encore un mystère et le jeune homme n’allait pas s’amuser à le deviner par ses propres moyens. Parler de soi peut être considéré comme une étape fondamentale dans un partage. Pourtant, c’était là l’une des premières choses concrètes sur Sayoran qu’il apprenait. Il avait eu des mères. C’était ainsi et l’allemand le gardait dans un coin de sa tête. L’étudiant ne poursuivait pas. Peut-être une erreur de sa part, une maladresse. Il y avait peu de choses plus désagréable que de se savoir désavantagé par une situation. Syrenn devait rétablir l’équilibre ? Il n’était pas responsable de ce qu’il venait de se produire, il n’avait rien demandé.
 
« Mon oncle a toujours eu la capacité de changer n’importe quel objet anodin en arme massive. Je serais incapable de dire combien de fois il est partit aux urgences. »
 
Le coup était rattrapé. Il n’avait pas besoin de faire cela et pourtant il l’avait fait. Rien d’essentiel n’avait filtré ceci-dit. Le jeune homme évoqua ce souvenir avec un sourire amusé. Après tout, il n’était pas si mauvais et ce n’était pas ce genre de choses qui étaient venues à bout de son oncle. Le bandage installé, le jeune homme admira le travail accomplit. Il fût ravi de voir que Sayoran restait assis pour le moment. Le mieux serait certainement qu’il ne bouge pas du reste de cette session de nettoyage mais ce serait plutôt inattendu. Tout ce que le jeune homme avait à faire était effectuer le maximum tant qu’il ne participait pas afin qu’au moment où il se relève, il n’ait plus grand-chose à faire.
 
« Merci de vos précieux conseils docteur. »
 
Syrenn prit l’antiseptique et repartit en direction du balai. C’était toujours légèrement douloureux mais rien de bien embêtant. L’aspect plus « propre » que donnait le bandage faisait d’une certaine façon évacuer la douleur. Le jeune homme reprit le travail se concentrant autant que possible sur son travail. Chose peu évidente quand son regard revenait irrémédiablement vers l’étudiant.
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mar 10 Sep - 2:44



J'ai six mères.

Même si quelque part Sayoran avait voulu éviter le contact physique pour ne pas se remémorer certains souvenirs, il se rendait bien compte que le contact présent lui faisait du bien. A part sa bagarre, Sayoran n'avait plus tenté d'avoir un contact physique avec les autres, il était bien trop sur les nerfs pour tenter quoi que ce soit. Il sourit à la phrase de l'allemand amusé de la situation ; sa barrière encore présente commençait à lui faire défaut, cela se sentait.

« Je peux soigner autrement. »

Il terminait le bandage et là, il restait en état de choc pendant un instant. Marisa, ou dans le monde de la luxure, Chocolat était l'une de ses mères. Elle avait un compagnon junkie qui la battait. A chaque fois qu'elle venait bosser, elle se trimbalait des coups et quelques fois, il la retrouvait scarifiée à certains endroits. Il la soignait alors, la couvrant de bandages, l'invitant à dormir avec elle pour qu'elle se sente moins seule. Et puis, à l'âge d'être capable de défendre, il n'avait pas hésité à se battre avec l'homme visiblement devenu légume avec les drogues qu'il prenait. Depuis, Chocolat était la plus proche de ses mères. La femme au teint bronzé avait pris confiance en elle au fil du temps et sa prévenance envers le garçon avait permis de tisser un lien mère/fils. Il sourit à l'anecdote de l'allemand, il avait de répondre quelque chose d'autre, partager des anecdotes pareilles. Mais en était-il seulement capable ? Il soupirait.

« Ton oncle est un sacré maladroit. Il y en a tellement,... »

Il sourit simplement en prenant soin de ne rien dire de plus. Il se laissait aller contre le dossier de la chaise et plaçait le sac de glaçons sur son œil. Quelques minutes plus tard, un bruit de vibration fut comme un coup de surprise pour l'irlandais qui ne s'attendait pas à ce que cela arrive... Enfin... Il se levait en vitesse, et courait presque maladroitement vers le banc où était son portable, qui continuait de vibrer.

« M-merde ! », il sautait presque sur le banc, attrapant son téléphone, ayant bien sûr eu le réflexe de tomber avec le banc..., « Allô ?... », il fit signe à Syrenn de se taire, son index sur ses lèvres, sa langue natale refit surface, « Ouais... Nan c'est rien, t'inquiète... Quoi ?... Mais j'ai même pas commencer ! C'est l'autre là... Nan, j'te dis ! C'est lui qui voulait pas se la fermer !... Quoi ma mère... Elle en a rien à foutre... Je sais, c'est différent avec vous mais... Okay... Okay... Bye... », il fermait le clapet de son téléphone en soupirant.

Il regardait Syrenn et se relevait, comme si il voulait faire comprendre qu'il était indemne. Si il n'avait pas décrocher, Dieu seul savait ce qu'il aurait pu advenir de lui. Des vraies mères poules, ces femmes ! Il éclaircissait sa voix et replaçait tout correctement.

« Navré si je t'ai surpris, si je n'avais pas répondu... Bref. », il marquait une pause puis renchaînait, « L'académie tient vite au courant... On se fait sermonner au téléphone maintenant. »

Il retournait s'asseoir, ramassant au passage le sachet encore froid et le reposait sur son œil. Il lâchait un petit rire amusé, en parlant.

« Ne t'étonne pas si on te téléphone dans quelques heures. D'après ma mère qui vient de me téléphoner, l'académie prévient vite dans notre situation... Enfin, j'ose imaginer qu'on te téléphonera. »

Il gardait le silence, tout en fermant l’œil encore ouvert. Il ouvrait son unique paupière, puis retirait le sac de glaçons de son visage. Il relevait la tête vers Syrenn, souriant. Ce serait simplement amusant de voir sa tête si il lui disait combien de mères il avait. Il regardait ses ongles, le sourire toujours plaqué aux lèvres.

« Au fait, je n'ai pas qu'une mère. J'en ai six, en comptant ma génitrice. »

Il venait de le dire d'un air complètement détaché, cachant une note d'amusement dans la voix. Sayoran relevait le regard sur Syrenn, prêt à observer la réaction de celui-ci.



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mar 10 Sep - 17:33

Une question se posait. Etaient-ils vraiment revenus dans un état d’esprit leur permettant de faire ce genre d’allusions ? Ce genre de réconciliation semblait trop simple pour être honnête. Après être partis en si mauvais termes, il n’y avait pas une relation qui s’en remettrait aussi-vite. Ce sous-entendu n’avait rien à faire là. Donc ce n’en était pas un ? Chose aussi difficile à croire. Ces mots paraissaient pour Syrenn comme un simple écho de leur rencontre au café.  Il était fort possible que ce soit en ces lieux que leur relation ait pris une tournure plutôt malsaine mais ils n’en étaient pas là. Des choses et d’autres s’étaient produite depuis et malgré l’engouement provoqué par le souvenir de ce début d’après-midi, ces paroles dans un contexte présent paraissaient bien floues. Aussi se contenta-t-il de sourire. Lejeune homme fît ricocher habilement ses doigts à trois reprises sur le bandage. Bon, peut-être était-il un fin adepte de la douleur curative. Ce genre de réflexes quasiment inconscient qui nous pousse à titiller nos bleus tant qu’ils sont encore douloureux. Une sorte de fascination pour la souffrance qui nous pousse à l’entretenir tant qu’elle est encore présente.
 
Bon, il est vrai que cette petite anecdote innocente n’était pas des plus pertinentes mais il fallait bien entretenir le dialogue car le laisser faner maintenant reviendrait à l’empêcher de refaire surface. Oui c’était ridicule comme expression et oui c’était en contradiction totale avec ce qu’aurait voulu Syrenn mais tentez de prendre en compte qu’il n’était alors pas tout à fait celui qu’il voulait être. Un mélange inattendu donnant tantôt naissance à des réponses muettes et tantôt plutôt bien fournie comme l’avait été son anecdote. Il était pourtant vrai que son oncle était un cas. Qui d’autre que lui aurait été capable d’être sauvé de la noyade dans une piscine à balle alors qu’il était déjà âgé d’une trentaine d’années ? Question rhétorique oblige, la réponse n’était pas nécessaire. Il n’y eut pas réellement le temps pour un silence. Un portable avait apparemment bien trouvé son chemin dans cette conversation. Il n’y avait aucun doute, ce n’était pas celui du jeune homme. Celui-ci quittait difficilement sa chambre depuis son arrivée. Il servait d’avantage de fixe là où il n’y en avait pas. Le colocataire de l’Allemand put prendre les messages, le résultat aurait été le même. Ce fût Sayoran qui quitta brutalement son siège. Il était vrai qu’il n’y avait pas grand monde d’autre pour répondre dans cette pièce. C’est la première fois que Syrenn voyait une personne se jeter avec tant de dévotion sur un téléphone. Lorsque l’étudiant chuta aussi triomphalement, le jeune homme déporta sa tête sur le côté pour s’assurer qu’il était encore en vie. La réponse la plus connue quand on décrochait et le signe lui indiquant de se taire était bien suffisant. S’il avait encore les moyens de se mouvoir, tomber de telle sorte ne représenterait pas grand-chose en ce bas monde. C’en restait particulièrement impressionnant. La langue dont Sayoran faisait usage était incompréhensible pour l’allemand. Il ne pouvait pas avoir une connaissance parfaite de la linguistique internationale, c’était une évidence. Pour l’heure, quatre langues paraissaient comme un bon commencement. A l’intonation de l’étudiant, la conversation ne semblait pas particulièrement enjouée. Voilà ! C’était de l’irlandais. Il n’avait pas choisi cette option pour la simple raison qu’il n’y avait pas beaucoup de pays où il aurait l’occasion de mettre les pieds usant de ce dialecte. Sayoran avait l’air plutôt à son aise avec celui-ci. En vue de la façon dont l’étudiant abordait le sujet de sa discussion téléphonique, il donnait l’impression qu’un tortionnaire se trouvait à l’autre bout de fil. Peut-être tout simplement une personne d’importance. Etrangement, aucune de ces deux théories ne plaisaient particulièrement à Syrenn qui se contentait d’attendre la suite continuant de faire passer son balais sur le sol. Il commençait à prendre le bon coup de poignet. L’évocation de cet appel comme d’un sermon donnait une bonne indication sur la nature de la relation que Sayoran pouvait entretenir avec son contact. Certainement un tuteur où une chose trainant dans ces eaux là pour que l’établissement aille jusqu’à contacter ce personnage.

« Ils n’arrivent pas à réprimander par leurs propres moyens. Il faut bien que quelqu’un leur tienne la main. »
 
On ne pouvait pas y faire grand-chose. L’école était comme ça et serait toujours comme ça car pour bien des enfants, loin des quelques heures par jours et de l’indifférence la plus totale après quelques années, les parents étaient censés incarner la rempare ultime infranchissable grâce au respect qui leur est dû par la naissance même. Il y avait bien aussi le fait de les avoir perçus comme imposant déjà très jeunes. Bien sûr, rien n’empêche cette opinion d’évoluer avec l’âge. Aborder le sujet de la crise d’adolescence serait long et non particulièrement utile. Tout ce qu’il y avait à retenir de cette affaire était que cette image gravée dans l’esprit de chacun créait une intimidation propre à l’éducation. Ceci dit, ce ne serait définitivement pas le portable de Syrenn qui irait sonner. Lorsque dans cette éducation l’équilibre des forces était rompus, l’ordre pouvait vaciller voir se renverser malgré les traces de passé persistante. Un accord avait bien été fixé. Le jeune homme ayant atteint la majorité civile allemande, il n’était plus sous la responsabilité de son père. Pour autant, les règles n’étaient pas les mêmes au Japon. Disons simplement que tout avait été organisé pour éviter une confrontation entre l’allemand et son père.
 
« C’est possible. »
 
Bien que les chances soient très faibles, une attaque directe envers un professeur était quelque chose à prendre sérieusement en compte. Bien évidemment, son père serait mis au courant mais la courbe de la discipline n’irait pas plus loin. L’appel n’était pourtant pas chose impossible. Une prise de courage soudaine ? Le fait qu’ils ne se soient pas parlé depuis un bout de temps influencerait peut-être cette pente. Le sourire qui suit fut typique du trait nerveux. Six mères ? Ce qu’il y avait de plus effrayant devait être les comptes à rendre pour la personne qui viendrait leur arracher leur fils. N’ayant que peu côtoyé la sienne, ce genre d’évocation était parfois suffisant pour créer un malaise. Pour autant, la chute vertigineuse de Sayoran quelques instants auparavant s’était montrée plus spectaculaire que cette révélation qui l’était presque autant. Que fallait-il y comprendre, que le père de l’étudiant s’était marié six fois ? Qu’il côtoyait le culte de plusieurs femmes au même moment. Dans les pays du nord c’était encore légèrement présent mais là. Combien de frères et sœurs cela donnait-il ? Intimidant… Très intimidant. Sa famille n’ayant jamais compté beaucoup de membres et son oncle ayant été exclus, ces mères représentant le double de ce que contenais ça famille était décidément particulier. Seul hic dans cette phrase, le mot « génitrice ». Bien qu’il n’y ait pas grand choix dans les termes, si ce mot s’eut voulu affectueux, le terme « mère biologique » aurait été plus adapté. Syrenn était bien placé pour savoir que l’étudiant n’avait jusque-là pas choisit ses mots au hasard. Une relation tendue avec sa mère ? Le jeune homme n’avait tout simplement pas de relation avec celle-ci. Quoi qu’il en soit, l’allemand devenait curieux. Mais l’évocation de leur existence n’était-elle pas une ouverture vers un questionnement ? Syrenn arrêta un instant de balayer ramenant ses mains sur le haut du manche et croisant ses doigts à cet emplacement.
 
« Comment sont-elles ? »
 
Le jeune homme disposait d’une image plutôt négative de la maternité. Si c’était de la bouche de Sayoran, il serait pourtant ravi de se laisser porter à croire que ce n’était pas toujours le cas. Son expression le confirmait. Il était attentif et passionné.
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mar 10 Sep - 20:45



On va au-delà de nos limites... Parfois.

Sayoran soulevait un sourcil à la possibilité qu'on téléphone à Syrenn. Là, il pensait à plusieurs éventualités. Peut-être avait-il tout simplement de mauvais rapports avec ses parents, ce qui pouvait expliquer certaines choses. Ou, cas plus courant, les parents n'étaient jamais présents pour soutenir leur enfant. Sayoran avait l'impression de se retrouver quelque part, ce qui expliquait pourquoi ils s'étaient parlés. On rencontrait des personnes avec un vécu similaire au sien, pour se comprendre et s'adapter. Il se contentait de ne rien répondre, fermant les yeux un instant avant de reprendre.

Il avait capté toute son attention ? Bien, c'était ce qu'il voulait quelque part. Chercher à obtenir l'attention de l'autre, et surtout celui de l'allemand. La réaction de son interlocuteur n'avait été ce qu'il avait imaginé, mais cela lui suffisait amplement. Il souriait en se levant, le mal de tête moins provoquant et son corps désormais capable de se supporter. Il prenait un chiffon sec avec la cire, en déposant sur le bureau. Il frottait, un sourire tendre sur les lèvres. Il n'avait jamais parlé de ses mères, ça avait plutôt été le sujet le plus tabou qu'il gardait pour lui-même jusque-là.

« Et bien, Marisa par exemple, a cet espèce de... Fibre maternelle. C'est elle qui m'habille et qui me surprotège. Je suis plus proche d'elle à vrai dire. C'est la plus vieille aussi. Aghaistin est plus le genre mère-copine, parce qu'elle est jeune. On fait les quatre-cent-coups ensemble, elle est souriante et très ouverte d'esprit. J'l'ai toujours trouvée un peu dingue, parce qu'elle hurle des fois sans savoir pourquoi... Elle cherche juste de l'attention j'pense. Caitrin... C'est la mère un peu trop sérieuse, à qui on doit le respect sinon on se fait taper sur les doigts. Elle a toujours prouvé sa maturité et sa force mentale à tout encaisser. Si j'étais resté dans mon trou et si elle n'avait pas engueuler ma génitrice, elle l'aurait certainement foutu un poing dans la face... Ça en fait trois... », il marquait une pause en relevant le visage vers Syrenn, « Les autres sont un peu moins importantes. Il y a Maeve, qui se considère plus comme étant une marraine qu'une mère. Par contre, elle fait de merveilleux gâteaux et autres pâtisseries fortement appétissantes. Vevina, c'est la tata poule. Elle est douce et sa voix est un chant de rouge-gorge qui semble pur et innocent. Par contre, la dernière fois qu'elle a pété un plomb sur son mec, on s'est tous mis à l’abri, j'peux te l'assurer !... », Sayoran s'arrêtait soudainement sur la dernière à citer.

Les sourcils de l'irlandais se froncèrent, alors que quelque chose lui picotait les yeux. Il s'arrêtait de frotter, baissant le regard sur le banc déjà bien lustré.

« En dernier... Il y a Aoibheann. Ma ''génitrice'' ou aussi dit ''véritable mère''. Elle n'a jamais porté la moindre attention sur moi depuis ma naissance. J'étais plus un accident qu'un enfant désiré et elle ne me l'a jamais caché, en me traitant comme un inconnu à ses yeux. J'me suis toujours débrouillé sans elle, c'est pas elle qui rapportait la nourriture. En fait, j'aurais pu crever là, cela ne lui aurait fait ni chaud, ni froid. Et puis, qu'elle mère digne -si elle existe- serait jalouse sur son propre enfant ? J'crois que, quelque part, lorsqu'elle me regarde, elle voit aussi l'homme avec qui elle a couché désigné comme mon ''père''. J'l'ai jamais connu, alors je m'en fout. »

Il se surprenait à parler avec autant de facilité à Syrenn, qui lui, n'avait rien demander. C'était bien la première fois qu'il parlait autant et en réalité, il ne savait pas si il devait en rire ou en pleurer. Il n'avait jamais ressenti autres que les sentiments inscrits en lui depuis l'enfance. Sayoran soupirait, relevant la tête pour observer le plafond. Syrenn n'avait peut-être pas fait le lien, Sayoran avait choisi les mots dans un contexte neutre. Il fallait laisser le temps de faire les choses et malgré tout, il persistait à avoir une certaine rancœur de la manière dont ils s'étaient laissés. Son sac-à-dos non loin, il l'attrapait et fouillait dedans. Il en sortait le livre qu'il avait prêter à l'allemand lors de leur rencontre, qu'il avait été lui-même cherché.

« … »

Il hésitait à lui dire « Tiens, je te le donne. » ou le remettre dans son sac et ne plus jamais y toucher. Il voulait simplement sa bouteille d'eau et il avait prit le livre à la place. Il fermait les yeux fronçant les sourcils, incapable de dire un mot de plus. Et là, un instant perdu dans ses pensées, la crise de colère semblait imminente. Il avait envie de juste balancer le livre, le brûler, le déchirer... Au contraire, il le plaquait sur le banc dans un bruit assourdissant, comme si il était sûr et certain qu'il se ''briserait'' sous l'impact contre le banc. Mais rien ne fit.

Il replaçait alors le livre dans son cartable et relevait le regard vers Syrenn. Comme si rien ne s'était passé. Comme si toute la colère qu'il contenait venait un instant de disparaître.

« Bon, je ne vais pas te laisser faire le boulot tout seul. Ce n'est pas mon style. »

Il prenait le chiffon et passait au banc d'à côté.



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mer 11 Sep - 0:47

Beaucoup d’informations, voir même un peu trop d’informations. Des mères pouvaient-elles vraiment être autant de choses ? A chaque description, un ressentit étrange se développait, celui d’imaginer ces différentes perspectives en action. Pour Syrenn qui n’avait perçu une qu’un fragment de ce que pouvait être une maternité jusqu’à ses six ans, toutes ces histoires étaient simplement passionnantes. Porter un regard sur la famille des autres plutôt que la sienne n’était pas une chose que le jeune homme faisait souvent. Acceptant facilement les choses les plus difficiles comme elles venaient,  il les rangeait et s’en préoccupait peu. Pourtant, lorsqu’une personne comme Sayoran évoquait avec tant de détail une chose comme ses mères, ce tiroir s’entrouvrait laissant l’allemand pensif un instant sur ce qu’il avait pu accomplir pour obtenir un résultat similaire à celui obtenu dans sa famille. Un tiroir que Syrenn referma bien vite. L’histoire de l’étudiant passait comme un doux fil de soie sur les pensées volatiles du jeune homme les interrompant net. Malheureusement, le lot avait son point noir et la charmante image dont quelques anecdotes avaient fait sourire le jeune homme tournait d’une tout autre manière. Un passage ressemblant étrangement à la fin de la relation que l’allemand avait pu entretenir avec sa mère. D’un point de vue tout à fait technique, Syrenn n’avait jamais rencontré son père biologique. Dans son contexte familial de bâtard, être là était déjà beaucoup et l’idée précédente ne lui avait jamais effleuré l’esprit. Celui qui l’avait élevé était bien l’ex-mari de sa mère. Il était donc bien son père. Sinon, il n’aurait jamais pris la peine de garder l’allemand avec une séparation aussi brusque. Le seul reproche physique qu’on pouvait lui accorder était de ne pas ressembler à son père et d’avoir les traits d’un autre. Un sombre inconnu que sa mère n’avait pas pris la peine d’éclairer avant de prendre la porte. Après tout, on ne naît pas pour satisfaire les espérances de ses parents mais bien pour prendre tout ce qu’ils ont à offrir jusqu’au jour où ils n’auraient plus rien à donner. C’était là une vision pessimiste de ce qu’étais la famille mais c’est ainsi que l’allemand la percevais. Ce fait n’empêchait en rien pour autant une majorité à conserver des liens, leurs aînées s’accrochant à ce que ces sauvages leur ont dérobés quand ils étaient encore sous leur responsabilité.
 
« C’est un portrait des plus intéressant que tu m’as fait là. Si tu parviens à trouver ta place malgré le fait que ce ne soit pas auprès de ta mère biologique, ce doit être le plus important. La description que tu m’as donnée de tes mères me donnerait presque envie de faire leur connaissance »
 
La première de ces phrases était bien insensée provenant de la bouche de Syrenn. Lui qui n’avait pas encore trouvé sa place autre part que dans sa tête dans laquelle se menait encore aujourd’hui une guerre sanglante pour le territoire se permettait d’en parler de telle sorte. Ce n’était pas là l’image qu’il avait d’une famille ou du moins de sa famille. Pour en venir à en dire autant sur sa personne, l’étudiant devait vraiment l’avoir voulu. Parmi ces informations revenaient des choses très personnelles. Des choses qui confiées à la mauvaises personne pourraient s’avérer douloureuse si habilement retournées. Cette chose fragile était pourtant entre les mains du jeune homme, qui à ses heures perdues détruisait les rêves de ceux qui en avaient trop. L’allemand fût surpris de voir le livre que Sayoran avait dans son sac. C’était bien celui que l’étudiant avait repris lorsque l’allemand avait brisé leur relation.  Syrenn avait quelques difficultés à comprendre pour quelle raison il l’avait encore sur lui. Il pouvait le lire mais il aurait pu tout aussi bien choisir des centaines d’autres ouvrages alors pourquoi celui-là ? Car c’est l’un de ses favoris ? Cela ne laisserait-il pas sous-entendre qu’il l’ait déjà lu plusieurs fois ? Quoi qu’il en soit, si tel était le cas, il avait bien fait son choix. Le jeune homme resta attentif à ce que Sayoran faisait avec l’ouvrage, se préparant tout de même à se remettre au travail. La réponse gestuelle ne fût pas des plus enthousiastes et Syrenn soupira lorsque le livre vint s’écraser sur le banc sous le poids de l’état d’esprit dont faisait preuve l’étudiant. Il n’avait rien à dire là-dessus. A l’image de ce qui s’était passé dans la chambre de Sayoran, le jeune homme n’arrivait pas à se résoudre à l’aider à combattre les démons qui le hantaient. Ce ‘était pas un cas de conscience mais d’avantage un dilemme en opposition avec la personne que l’allemand avait toujours été aussi loin que sa vie de bâtard avait commencée. Son attitude faisait légèrement pensée à celle d’un enfant pourri gâté, s’accrochant au cadeau de noël qu’on lui avait promis et se roulant sur le sol de ne pas l’avoir obtenu. Ce caprice durait maintenant depuis treize ans et Syrenn ne voyait toujours pas sa fin à portée de main. Lorsque l’étudiant indiqua son intention de reprendre du service dans le monde du ménage, le jeune homme reprit son balai en main pour découvrir qu’à ses pieds, déjà tout ce qui pouvait être balayé était déjà présent. Il avança vers le placard, cherchant quelque chose pour ramasser. Il connaissait l’existence des fameuses « pelles à ballais » et « balayettes ». Il gardait tout de même Sayoran à l’œil, restant quelque peu pensif sur ce que celui-ci avait pu partager sur sa personne.
 
« Je n’en doute pas mais si ça ne va pas, n’hésites pas à t’asseoir. »
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mer 11 Sep - 20:45



Frotter, frotter et frotter.

Sayoran souriait au fur et à mesure que l'allemand parlait. Il grattait sa tignasse rouge, tout en lâchant un petit rire amusé. De presque les rencontrer ? Ah ça... Cela n'arrivera jamais. Il y avait une chance sur dix si c'était le cas. L'allemand ne se déplacerait pas jusqu'en Irlande et en plus pour traîner dans les bas quartiers de la capitale. Il n'était pas du genre à aller se taper une fille pour de l'argent.

« Elles en seraient ravies. Un beau jeune-homme comme toi, ça ne coure pas les rues. Même si je doute que tu viennes jusqu'en Irlande. »

Ne pensez pas à mal, il avait lâché ça en toute innocence. De toute façon, ce serait leur pensée en voyant Syrenn si cela était le cas. Puis, en voulant hydrater son corps, il eut en main l'objet qui lui avait causé un petit problème. Enfin, petit... Sayoran n'avait pas eu le temps de réagir autrement. Avait-il sans doute perdu quelque chose, mais tant pis. Malgré cela, il sentait que ça lui pinçait au niveau de sa poitrine. Le jeune homme refusait d'admettre, même si cela était évident et qu'il le ressentait. Pourquoi s'alerter sur un sentiment trop encombrant ? Il passait au banc suivant, le frottant énergiquement, comme pour oublier ce soudain revers. Il sourit nerveusement, face à l'attention de Syrenn. Pourquoi se préoccuper d'un mec qui avait mal pris sa réaction la dernière fois ? L'irlandais l'avait cherché. Il avait été honnête alors que cela n'avait servit à rien.

« Ouais, t'en fait pas. »

Pourquoi tu t'occupes de moi, sérieusement ? Qu'est-ce que j'ai de plus que les autres ? J'suis que d'la viande. Lâche-moi. Ses pensées transformées en venin s'écoulaient dans ses veines à la vitesse de la lumière. Il serait partit si il n'était pas obligé de nettoyer, si il n'avait pas été en retenue. Bon, il lui restait environ une heure encore à tenir, ensuite direction un bar. Avantage de la majorité, était qu'on pouvait s'infiltrer presque partout. Ô joie. Il souriait rien qu'à y penser.



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mer 11 Sep - 21:56

Il n’y avait pas grand-chose à rajouter ou plus simplement, peu à dire. Le jeune homme aurait pu tenter de se justifier vis-à-vis de ce qu’il s’était produit à leur dernière rencontre mais il n’y avait rien à redire à ce sujet. « Excuse-moi pour la dernière fois tu m’as un peu surpris. » ? Ca ne collait tout simplement pas au contexte comme à Syrenn. Vérité sur le fond de sa pensée ou non, il n’avait pas à se justifier à ce sujet tout comme Sayoran n’avait pas à lui accorder sa parole à cet instant précis. C’était un échange à valeur équivalente. Chacun avait quelque chose qu’il pouvait garder, protéger et ce qu’importe la futilité de la chose. Ceci devait faire de l’étudiant une personne plus ouverte à la conversation. Le jeune homme faisait simplement preuve d’un égoïsme à toute épreuve. Car bien qu’il ait fallu lui arracher les raisons de son comportement dernier, à cet instant, il aurait haï voir Sayoran lui refuser soudain la parole. Qu’il l’admette ou non, l’allemand appréciait sa voie, comme le fait de le voir rire mais détruire la passé était une chose que Syrenn ne savait pas faire et qui lui restait parfaitement étrangère.

« Pourtant n’ont-elles pas eu la chance de t’élever ? Ne vas pas me faire croire qu’elles ne t’ont jamais complimenté sur le sublime spécimen que tu es. L’Irlande n’est pas plus loin que le serait un autre pays. Je suis bien venu jusqu’au japon, je pourrais bien aller en Irlande. »

Oulah, ça suffit. Cette phrase avait été prononcée de vive voix ? Il n’y avait apparemment aucun doute là-dedans. Elle n’avait pas franchi le philtre qui aurait dû être présent pour la retenir. Comme tous le corps de Syrenn le poussaient à se ranger du côté de l’honnêteté la plus exemplaire. D’abord ses sens, maintenant ses lèvres s’y mettaient aussi.  Si l’action continuait dans ce sens  qui savait ce qui pourrait sortir. Le jeune homme n’était pas franc et ce n’était pas un déséquilibre momentané qui allait changer cela. La phrase avait été coupée, comme un raisonnement dont la suite avait été arraché alors qu’elle était toute trouvée. Cette suite était simplement que le jeune homme n’avait pas l’intention de remettre les pieds en Allemagne pour l’heure. Que ce qui l’attendrait là-bas ne se résulterait pas à plus d’un long silence témoins du gène intraitable. L’allemand enfin, avait parlé tout en effectuant une autre tâche. Il avait effectivement ramassé les diverses poussières pour les ramener vers la poubelle. Non pas qu’il était mono tâche. Il visualisait seulement la parole comme une tâche à part entière. La mélanger à des actions de ce genre alors qu’il conversait avec une personne qui jugeait d’importante était plus qu’étrange. Pour ce qui était du ménage, ils avaient bien avancé. Quant au temps impartit, il n’était pas encore écoulé, bien au contraire. Ceci voudrait dire que d’ici une dizaine de minutes ils auraient finis et devraient tout de même hanter cette pièce sans une quelconque occupation ? Cette situation-là aurait bien mérité un fou rire nerveux de la part du jeune homme. Au lieu de cela, Syrenn se remit à faire ricocher ses doigts sur son bras quelques secondes le temps de commencer à s’occuper des tables. Il était pensif, particulièrement pensif. Un sujet de conversation, n’importe lequel. L’allemand releva les yeux vers Sayoran comme soudain illuminé d’un éclair de génie.
 
« Que fais-tu ici ? J’ai cru comprendre que tu avais eu un différend avec le type de tout à l’heure mais je doute que ce soit par simple plaisir de se battre. »
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Sayoran R. RobinSchizophrène Incestueusement Narcissique
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mer 11 Sep - 22:56



Tête qui tourne et picotements.

La conversation avait l'air tendue, puis elle se relâchait. Qu'est ce qui clochait entre-eux, pour que tantôt ils soient bien, tantôt un peu tendus ? Leur façon d'être, peut-être ? Bah, que faire de toute façon. Ils se tiraillaient l'un l'autre, comme une torture qui faisait autant de bien que de mal. Une souffrance que le masochiste qu'était Sayoran allait lui-même chercher. C'était une fascinante contradiction entre deux émotions diamétralement opposées.

Il relevait soudainement la tête vers Syrenn qui allait jusque la poubelle. Le rouquin ressemblait à ce moment plus à un poisson rouge qu'autre chose ; la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés, il cru aussi un instant rougir ? Il baissait immédiatement la tête, souriant de gêne. Il n'irait pas jusque là, si ? Non. Bien sûr que non. Il secouait la tête, à l'abri du regard de l'allemand. Il rit, doucement, tout en frottant le banc.

« Je suis leur fierté, certes. Mais ce n'est pas pareil... Je pense. », il se relâchait, toujours en souriant, « Ah ouais ? Il y a de bons endroits en campagne, des horizons à en resté bouche bée. Habitant Dublin, je peux te dire qu'il y a aussi quelques endroits culturels chargés d'histoire. En évitant bien sûr les quartiers malfamés. »

Ouais, non. Il en parlait comme ça, il n'allait pas se proposer et dire « Si tu passes par-là, je te ferais visiter, si tu veux. » alors qu'ils ne savaient pas où ils allaient dans leur vie. Les maillons de la chaîne était solides, puis se brisaient, se réparaient. Une relation très malsaine qui pouvait à tout jamais se briser ou se renforcer. Si ils ne savaient pas où ils allaient ensemble sur le chemin des affinités, alors il laissait tomber l'idée de proposer d'être le guide touristique. Ou même de le croiser. Si il savait ne fut-ce qu'une seconde où il créchait et ce qu'il faisait là-bas, Sayoran le prendrait certainement mal. Ou honteux, il n'oserait plus jamais le regarder en face.

Après quelques bancs, la tête du rouquin se mit à tourner. Il s'arrêtait donc et s'installait sur une chaise en fermant les yeux, soupirant. Il ouvrait les paupières sur Syrenn qui le questionnait sur la raison de l'accrochage avec son... ''Camarade'' de classe. Il sourit en fermant les yeux, la mâchoire dans la paume de la main.

« Étant de mauvaise humeur dû à quelques histoires sans grande importance, et étant quelqu'un de studieux, je n'ai pas supporter ses manières de parler à voix haute en plein cours. Il m'a provoqué, m'a empoigné. A vrai dire, je n'avais même l'intention de me battre, mais c'est à croire qu'à bout de nerf, j'ai... pété un plomb. »

Voilà. Point barre. Il continuait de sourire, comme si cela ne l'atteignait plus du tout. Sa tête qui tournait en prime, il n'arrivait pas à ouvrir à nouveau les paupières. Et ses yeux picotaient encore. A ce qu'on pourrait croire, Sayoran savait pleurer, dans ses périodes de crises intenses. A l'abri du regard de tout le monde, enfermé dans sa chambre. Quel... idiot en fait. Il forçait pourtant à ouvrir les yeux et les poser sur Syrenn.

« Et toi ? Ne me dis pas que tu t'es fait cette plaie par mégarde. Je ne te croirais pas. »



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Jeu 12 Sep - 18:26

Le jeune homme eut un sourire amusé quand Sayoran tenta de répondre à sa divagation, elle qui n’avait pourtant ni queue ni tête. Trouver des mots pour une liste de faits établit. La première partie devait être la plus gênante. La beauté était un concept tout à fait subjectif se basant sur les préférences de ceux la qualifiant de la sorte. Pourtant, le commun des mortels avait tendance à se rabattre sur des normes. Comme des moutons suivant sans réfléchir le premier dans la mer car il aurait sauté en premier. Des moutons oui. Des opinions personnelles prenaient alors l’allure de vérités générales. Des exemples ? Bien sûr. Les bébés pandas sont mignons, le fumier, ça sent mauvais et l’hypocrisie, c’est pas bien. Ici, Syrenn tombait déjà en accord avec deux de ces trois concepts. Effectivement, l’hypocrisie dans son sens premier n’avait rien de particulièrement mauvais. Ce n’était un masque qu’on enfilait. Après tout, la société ne serait pas ce qu’elle serait si tous déblatéraient leurs moindres pensées en toute honnêteté. Dans ce cas-ci, l’étudiant était agréable à dévorer des yeux. Au regret surprenant de l’allemand ceci-dit. Il aurait préféré qu’il corresponde aux préférences esthétiques d’un pourcentage moins élevé de la population. Pour l’une de ses seules occasions, le jeune homme se fondait dans la masse et était réceptif à l’écrasante majorité en termes de goûts comme ceux-là. Il sourit innocemment.

«Ne fais pas ton modeste.»

Il y avait tant de choses à voir à Dublin ? Certes c’était une capitale. Si toutes ces choses étaient à faire d’après Sayoran, il serait définitivement temps que l’allemand apprenne la langue locale. Ne parlaient-ils pas anglais ? Ce n’était pas vraiment un risque qu’il pourrait se permettre de prendre. Pour autant, Syrenn n’était pas un touriste. Parcourir les rues munies de sa carte était loin de lui contenir. Oui, trop hautain pour porter une ficelle reliant un appareil photo jetable autour du cou existait bien et le jeune homme le démontrait particulièrement bien. Le moment semblait mal venu pour préparer un voyage touristique. Des tensions remontaient toujours de temps à autre dans l’air et effectuer ce genre de proposition dans l’état actuel des choses ne serait pas une bonne chose. Les montagnes russes avaient leurs limites. Si elle montait trop rapidement, la seule possibilité restante était de redescendre dans un désordre impitoyable. Alors qu’il se penchait sur une table pour atteindre les extrémités sans avoir à la contourner, l’allemand étouffa un soupire.

« Tu aimes l’histoire ? »

Quoi ? Proposer un échange 50/50, une visite de Dublin pour un passage à Lüberk n’était pas convenable. Il allait bien tirer autre chose de cette conversation ! Sinon, à quoi bon. Sous l’œil attentif de Syrenn, Sayoran finit par trouver une chaise. Voilà qui était mieux. L’étudiant était suffisamment tombé au goût du jeune homme pour les semaines à venir. Si rire avait fait partie des choses qui lui arrivaient un minimum, cette dernière phrase de l’irlandais aurait pu provoquer un certain éclat. Pour ce qui étais de la mauvaise humeur, l’le jeune homme y avait suffisamment goûté ces derniers jours. Dire que la cause principale de cette extravagance comportementale était sous ses yeux. Un élève studieux s’en allant massacrer les cancres. N’étais-ce pas là le suprême adverse du stéréotype. L’allemand n’accordait pas beaucoup d’attention à ses études bien que ces résultats restent particulièrement satisfaisant. S’imaginer Sayoran de cette façon était décidément appréciable. Puis vint la question inverse qui paraissait quand on y songeait absolument évidente. Syrenn pouvait cependant accorder ses félicitations à l’étudiant. Combien de personnes s’étaient laissé prendre par la thèse de l’accident. La réponse, jusqu’ici tous sauf les deux témoins qui feraient peut-être l’objet d’un traumatisme.

« La théorie de l’accident ne fonctionne pas ? Très bien, disons que c’est apparu comme le meilleur moyen de résoudre un conflit. Sinon, d’un point plus technique, je suis là pour avoir copieusement insulté un professeur. »

Il y avait une certaine fierté dans ces dernières paroles. C'était là définitivement un geste ne regretterait pas malheureusement pour ce pauvre professeur simplet. Humaniste... Et puis quoi encore ?
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Ven 13 Sep - 14:10



Le fil tendu de la hâte.

Il ne faisait pas son modeste, il pensait même que c'était la pure vérité. Haha... Non, sa manière de penser n'était pas comme ça. En fait, il se sentait fier d'entendre Syrenn dire ça. Il ne fit que sourire sans relever les paroles de l'allemand. Et puis, il parlait de son pays. Après son discours, il relevait les yeux sur son interlocuteur. Il ne cherchait pas à changer de sujet, l'histoire restait dans le sujet puisqu'ils en parlaient finalement. Il sourit en répondant.

« C'est une réponse évidente, oui. Bien que ce soit un sujet barbant pour bon nombres de personnes, l'histoire me fascine. Pas toi ? »

Puis, il s'installait, soudain incapable de faire plus pour l'instant. ''Sans grande importance''... C'était à moitié le cas. Non, il se mentait à lui-même. Cet excès de violence était venu à cause de l'objet perturbateur qui se trouvait non loin de lui. Il soupirait, cette explication manipulée pour ne pas éveiller les soupçons. Sayoran savait parfaitement mentir, ce n'était pas comme si il était né de la dernière pluie. C'était mal le connaître. Cependant, il n'utilisait pas ce talent pour le mensonge à tout va, loin de là ; il avait été cas rare de l'utiliser. Mais, l'irlandais avait comme l'intuition que l'allemand savait ce qu'il se passait. Comment ne pas ouvrir les yeux ? Mais aucun d'eux ne parlerait de cette histoire, soit parce qu'elle était trop récente, soit parce que la fierté y jouait dans cette histoire. Dans les deux cas, ils ne parleraient jamais de ce qu'il s'était passé.

Il souriait faiblement. Il venait de se rappeler que cette marque était trop précise pour être l'objet d'une certaine maladresse. Il gardait les yeux ouverts, les picotements ayant disparus. Il se levait, malgré le fait que sa tête tournait encore, mais il n'avait plus que quelques bancs à faire et ensuite... Il se tournerait les pouces jusqu'à l'heure qui sonnerait sa liberté. Il n'avait pas prévu cela dans son emploi du temps, mais il n'avait aucun risque d'avoir un rendez-vous. Son tableau était bien vide. Mais il ajoutait dans le fond de sa mémoire « Passer chercher une bouteille d'alcool fort. ». Il secouait l'index de gauche à droite signifiant une négation. Il sourit en ouvrant grand les yeux, comme s'il était étonné.

« Ah ouais ? Il est vrai que si tu traumatises, on ne t'approchera plus. », il marquait une pause légère puis il reprenait, « Insulter un professeur. On entend de tout. Bien qu'ils imposent leur respect à la noix, j'avoue t'admirer pour ce que tu as fait. »

Et c'était bien vrai. Pas qu'il n'avait pas le courage de le faire, bien loin de là, mais il admirait cette once de courage de ceux qui l'osaient.



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Sam 14 Sep - 16:03

Pour Syrenn, ce que l’on appelait « l’histoire » n’avait rien d’universel. Un titre accordé au souvenir d’un évènement qui resterait flou à jamais. Embué par des siècles de fiction. « Si votre histoire ne vous plaît pas. Pourquoi ne pas la réécrire ? » C’était souvent ce qui était fait. Un fait simple et crut transformer en un conte de fée adaptée à toutes les langues et excluant les potentielles victimes de ce vocabulaire. Comme aux Etats-Unis, l’histoire de choses comme le premier Thanksgiving avaient été remodelées pour plaire et rendre noble les européens secourus par les amérindiens, ceux-ci s’étaient retrouvés pendant longtemps ennemis de la nation. Une forme de propagande visant à les montrer comme les plus terribles des personnages. Cette façon de vouloir conserver quelque chose du passé était une chose étrange et parfois amusante à voir. On ne conserve que le beau pour nos pires moments et garde nos plus terribles pour notre « devoir de mémoire ». Bref, un petit topo pas très précis. Il y avait malgré tout bien de la beauté dans l’histoire. Les traces de civilisations rentraient dans ce que le jeune homme trouvait de plus fascinant. Il n’y avait pas de personnes pour vous indiquer leurs suppositions. Juste l’esprit pour imaginer le monde tel qu’il avait pu être à ce moment-là. Ce mode de pensée n’ayant que drastiquement évolué que par la technologie. Cette humanité restée inchangée au fil des années et s’étant uniquement bâtit une fausse conscience pour tenter de résoudre le problème de leur existence.

« Elle a bien ses attraits. »

Sayoran se relevait bien trop rapidement au goût de l’allemand. N’en avait-il pas marre de jouer à ce jeu –là ? Chacun de ses pas troublaient l’attention de Syrenn. Chacune de ses mimiques paraissait comme le plus absurde des risques. Funambule entre deux gratte-ciel. Ce n’était absolument pas excessif. Juste révélateur de ce à quoi le jeune homme se forçait d’assister. Il y avait des limites à ne pas dépasser. Ne pas lui ordonner de rester assis, ne pas le trainer dans un hôpital. Bon, le reste allait de soi. L’allemand continuait son travail sur les tables à un rythme soutenu. D’ici que l’étudiant ait finit, Syrenn en serait au même point. Ceci ne pourrait pas créer une situation gênante ? Lorsque deux personnes se retrouvent mains inoccupées, le dialogue n’en est pas plus simple pour autant. Quelle surprise. Son évocation nouvelle de l’accident n’avait pas fonctionné. Au geste de Sayoran, le jeune homme sourit. Après tout, la forme de la question ne laissait pas grand choix, pourtant, aussi infime soit-elle, elle nécessitait une certaine complicité pour être interprétée de la bonne façon. Complicité qui ici était bien présente. Détail qui ne fît pas réfléchir l’allemand immédiatement. C’était secondaire.



« Mais si l’on ne m’ « embête » plus, je n’aurais alors plus le privilège d’être soigné par tes soins. »

Oui, il allait insister sur ce point-là. La part de son cerveau faisant déferler ces mots-ci n’était pas à même de se confier quant aux intentions qui se cachaient derrière. Pourtant, Syrenn parvenait à se percer à jour. Il secoua la tête, jetant un instant un regard dans le vide comme accordée à son complice cérébrale. Du moins pour l’instant, il ferait mieux de se taire à ce sujet. Déjà que la dernière évocation de la part de l’étudiant était maintenant perçu comme quelque chose de particulièrement obscène, mieux valait ne pas en rajouter.

« Dans mon cas, j’appellerais d’avantage cela de la légitime défense. Après, s’il s’agit de courage, j’ai quelques doutes. »



Plus que des insultes. Ce qui avait dû faire mouche devant cet enseignant devait être d’avoir entendu au moins trois de ses vérités par la mauvaise personne. Oui, il aurait mieux valu qu’un « humaniste » se charge de cette leçon.  Syrenn n’était pas là pour épargner le monde de certains de ses propos. Ils auraient tout aussi bien pu être dirigés vers quelqu’un qu’il appréciait. C’eut été par ailleurs bien plus logique. Préparer au monde une personne qui ne vaut pas le coup d’être élevée. Bon, peu importe. Sa stupidité maladive le pousserait certainement vers la décrédibilisation des paroles du jeune homme. Après tout, pour être capable de vivre avec un esprit aussi limité, mieux vaut conserver un culte falsifié de sa personne.
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mar 17 Sep - 0:07



Plus que quelques minutes.

L'histoire n'était basée que sur les suppositions. On estimait que. Bien sûr qu'elle avait effectivement bien des attraits. Des bons, des mauvais... On jugeait bien trop vite pour décider ce qui était parfaitement plausible ou non. C'était comme juger les autres trop hâtivement. C'était porter une étiquette qu'on imposait de force sur les autres pour se sentir supérieur aux autres et d'avoir le pouvoir sur eux. Tout était dirigé par le regard et les remarques des autres. On se suivait comme des moutons, mais qui était le berger ? Sayoran retenu un frisson le long de son dos. Il ne serait jamais comme ça, bien heureusement.

Sayoran relevait le visage vers Syrenn, plutôt surpris de la révélation qu'il venait de faire. Il était sérieux là ?! Pour cacher les rougeurs à ses joues, Sayoran éclatait de rire, jusqu'à tomber les fesses sur une chaise, la main sur son visage. Décidément, il avait le sens de l'humour. Ou était-ce notre irlandais qui était complètement jeté après s'être ramassé un poing dans la tronche ? Bah, ce n'était pas important.

« Arrête, ou je vais mourir !... Plus sérieusement, le jour où tu te fais mal, viens me voir. Même si cela s'avère être rare. »

Même à son pire ennemi, il offrirait ses soins. Enfin, ça, c'était pour mieux frapper ensuite. Il reprenait son sérieux, en respirant, écoutant l'allemand parler. Encore une fois, son index se levait, allant de gauche à droite en signe de négation.

« Non, ce n'est pas du courage. Mais qu'importe. »

Il soulevait les épaules et se remettait à la tâche. Après avoir fini le dernier banc, il s'installait en s'étirant, observant en même temps la fenêtre. Le soleil se couchait et il priait intérieurement pour qu'il arrive à temps pour s'acheter une bouteille. Un vieux croûton pervers accepterait sans doute de lui en acheter une. Ah mais ouais ! Il avait toujours le vieux pervers dans son portable ! Il sortait son téléphone et se mit à taper sur le clavier à toute vitesse. Quelques secondes plus tard, il recevait un message qui le fit sourire de toutes ses dents. Il aurait sa bonne bouteille. Il pourrait se l'enfiler ENTIERE dans sa chambre en toute discrétion.



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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mar 17 Sep - 1:00

« Je n’y manquerais pas. »

Syrenn aborda un sourire innocent difficilement crédible. Il y avait décidément quelque chose de bien à voir Sayoran rire. Le jeune homme n’avait pas encore trouvé de quoi il s’agissait. Bien minuté,  l’allemand aurait jusque-là eut du mal à croire que l’étudiant soit capable de produire un tel fou-rire. Peut-être était-ce simplement car la plaisanterie n’était pas particulièrement inventive ou drôle ou car leur relation en aurait difficilement été au point de rendre ce genre de réaction possible et ce que ce soit avant ou après le drame de la chambre de Syrenn. Un drame ? A quel moment ce mot avait pris place dans son esprit. Le jeune homme prit une grande inspiration comme pour chasser par ses cloisons nasale l’inutile. Il n’y avait pas de drame, de bonheurs. Juste une pile d’évènements à classer. Pourtant, il avait un mal infernal à ranger ces souvenirs. Ceux vécus en ce moment ne rendaient pas la tâche plus aisée. Jamais jusque-là l’avenir n’avait influencé un rangement. En quoi Sayoran incarnait-il une exception à cette règle universelle ? Il ne devait pas, il ne pouvait pas. L’allemand fît passer la bordure de l’ongle de son index sur celle de son pouce. Il regarda ses doigts, sceptique. C’était une habitude qu’il avait perdu depuis longtemps. Un tic gestuel visant à limer un tant soit peu les ongles de Syrenn lorsque celui-ci les rongeaient. Il eut paru sceptique l’espace d’un instant avant d’enterrer ses doigts dans sa main en refermant le poing qu’il ramena le long de son corps. Ridicule. Voilà plus de huit ans qu’il ne se rongeait plus les ongles, il n’allait pas recommencer tout d’un coup sans raisons valables. C’était bien à cette époque qu’on lui aurait donné une thérapie pour n’importe quelle raison. Il n’y avait pas des centaines de solution à ce moment. Les activités manuelles étaient de loin la meilleure option. Un divertissement instinctif venant combler la nécessité d’arracher le superflu. Le jeune homme commença donc la dernière table, concentrant ses mains sur ce bureau qui ne les méritait décidément pas. Lorsqu’il n’y eut plus rien à nettoyer sur cette surface, l’allemand rangea sa main rebelle dans sa poche.

Syrenn aurait cru dire qu’il ne restait plus grand-chose à faire autre qu’une conversation prenant un minimum de forme jusqu’à ce que Sayoran sorte son portable. Surement un message. Ça devait être quelque chose d’être équipé dans ce genre de situations. Une cause perdue pour le jeune homme qui s’assit, ressortant la main de sa poche, venant poser son avant-bras sur le sommet de la jambe qui venait croiser l’autre avant de reprendre ce titillement nerveux. A ce niveau-là ce n’était pas du masochisme. L’allemand était conscient qu’il ne serait certainement capable d’apprécier que ce que lui-même saurait s’infliger. Surement car il y a rarement de surprise quant à la douleur acquise contrairement à celle produite par les autres qui n’est jamais dosée. Ceci-dit, Syrenn aurait bien du mal à parler ouvertement de sujet comme ceux-ci. Ce n’était qu’un ensemble de supposition. Une miette de vécu face à l’immensité de la réflexion. Oui, n’être que témoin a ses limites sur la scène. Jusque-là, peu de situation avaient tirées le spectateur dans la pièce pour que lui-même fasse face au publique. Il était son propre témoin, son propre juge et critique. Lorsque le jeune homme vît sourire l’étudiant à son portable, une partie de son esprit s’obscurcit.

« Une bonne chose ? »

Oulah, ça sonnait faux, garder un ton innocent pour des mots comme ceux-ci n’était décidément pas la meilleure de choses et pourtant, l’allemand l’avait fait et en connaissance de cause. Ce mélange de mots peu adapté et d’expression donnait une étrange sensation. Comme si seulement pour cette phrase, il avait voulu se laisser percer à jour. Il appréciait voir Sayoran sourire, c’était un fait. Mais voir ces expressions tournées vers un écran était au contraire particulièrement désagréable. Sûrement était-ce car même si c’était limité, il était sur la bonne voie pour une conversation. Du moins, c’était l’excuse que Syrenn s’accordait.
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MessageSujet: Re: Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn] Mar 17 Sep - 2:03



Quoi ?...

Pour faire passer le temps, alors qu'il n'y avait strictement plus rien à faire, il fallait trouver un sujet de conversation où l'échange serait partagé. Mais alors que Syrenn s'occupait d'un bureau et qu'il vint s'asseoir non loin de Syaoran, le rouquin discutait déjà d'un arrangement pour obtenir sa bouteille avec le vieux pervers qu'il avait rencontré un jour au bar. Et alors que le vieux était d'accord sans rien demander en retour, l'irlandais laissait un sourire arborer ses lèvres. Il relevait soudainement le regard sur Syrenn qui venait de... Oh là, oh là... Il avait bien reconnu l'intonation de sa voix ou il venait de rêver ? Non, l'allemand autant dans sa voix que dans ses gestes avait tout fait passer pour un semblant. Tiens donc... Il était... Non, quand même pas. Il ne prêta plus attention au regard de l'allemand, même si il le regardait dans les yeux. Il ne fit que sourire, rangeant son portable dans sa poche.

« Une très bonne chose. Disons que c'est une compagne des instants comme celui-ci. Son goût est amer, elle laisse une brûlure dans le fond de la gorge. »

Madame bouteille d'alcool qui n'attendait qu'une chose, se faire boire. Bon, c'était peut-être pas une bonne idée de l'avoir demander comme ça au vieux, mais bon, il était sympas, et il n'avaient pas encore coucher ensemble. Il eut une mine dégoûtée en imaginant la scène. Yerk. Même si il avait été confronté à pire que son contact, il avait du mal à croire qu'il pourrait coucher avec cet homme trente ans plus âgé que lui, si pas plus. Il restait affalé dans la chaise, nonchalamment en observant Syrenn, puis la fenêtre. Qu'allait croire l'allemand ? Oh et puis pourquoi il devait se préoccuper de ce que pensait Syrenn ? Ce n'était pas comme si il appartenait à l'allemand. Pourtant, la jalousie avait bien prit possession du jeune-homme à l'instant, non ? Il ne pouvait s'empêcher de sourire. Il reposait son regard sur l'allemand.

« Tu comptes faire quelque chose de particulier ce soir ? »

Oh là, on s'arrête tout de suite, Sayoran n'avait pas l'intention de l'inviter ou quelque chose du genre, il cherchait simplement à ouvrir la discussion. Aussi simple que cela. De toute façon, ce soir, l'irlandais serait possessif avec sa belle bouteille. Peut-être que comme le vieux l'aimait bien, il lui en donnerait deux ? De toute façon, Sayoran n'avait rien manger de la journée, l'alcool agirait deux fois plus fort.




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Un souvenir qui meurt n'a plus aucune utilité. [ft. Syrenn]

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